Restauration de quatre-vingts métaux

Le Département du Bien Culturel et Molines Patrimonis ont présenté aujourd’hui les derniers travaux de restauration d’un important ensemble d’objets métalliques de la Roureda de la Margineda. La restauration a permis de conserver les pièces en bon état de conservation, et d’avoir une meilleure connaissance de la zone archéologique de Roureda de la Margineda. Il s’agit de 79 pièces de métal (67 pièces de fer, 11 pièces de bronze et une pièce de cuivre), témoins des différentes facettes de la vie quotidienne de ce lieu. On y retrouve des ustensiles liés aux activités domestiques (des pinces, des ciseaux, des clous, des couteaux ou un pot en bronze, etc.) ; d’autres liés à l’habillement et à l’hygiène personnelle (rasoirs, bagues, boucles, etc.) ; d’autres ayant des activités artisanales et agro-éleveuses (houes, faux, poinçons, marteau, fers à cheval, barre, faux,…) ; d’autres ayant une activité de guerre et de chasse (épées, pointes de flèches, fers de lance, etc.) et d’autres ayant des meubles et des constructions (poignées, rivets, boulons, etc.). En 2010, une première campagne de restauration a été réalisée par un petit groupe de 14 éléments qui ont financé la propriété, Molines Patrimonis. La haute qualité et l’intérêt de cet ensemble de métaux, ainsi que leur état de conservation, ont motivé une sélection minutieuse à effectuer et à restaurer au Centre de Restauration de Meubles de Catalogne. Ainsi, en 2016, un premier accord a été signé avec cette institution pour la restauration d’environ soixante-dix pièces, et l’année suivante un avenant a été signé pour la restauration du pot en bronze.
Le processus de restauration
Bien que l’ensemble des pièces ait reçu un traitement générique selon le métal qui les compose, le pot en bronze a été traité comme une pièce particulière de par ses caractéristiques formelles et son état de conservation.
Ainsi, les pièces de fer ont toutes été traitées afin de les stabiliser de la corrosion, après élimination mécanique des couches d’altération spécifiques au métal qui oxydent la surface. Ils ont ensuite été stabilisés en les plongeant dans une solution basique afin d’éliminer les sels solubles (chlorures) qui les fragilisent. Cette immersion a duré plus de trois mois pour certaines pièces et constitue un processus essentiel pour assurer la stabilité des matériaux ferreux. La solution basique a ensuite été neutralisée et les objets séchés. Par la suite, un nettoyage, une consolidation et une réintégration volumétrique plus approfondis des pièces qui le nécessitaient ont été réalisés. La dernière étape a consisté à appliquer un inhibiteur sur les matériaux afin d’arrêter ou de retarder les réactions chimiques qui peuvent se produire dans les pièces, et enfin une légère couche protectrice a également été appliquée afin d’isoler les pièces de l’environnement et d’en réduire l’effet. sur eux. La restauration du pot en bronze mérite d’être mentionnée à part puisque sa restauration est absolument spectaculaire étant donné que son état d’origine permettait à peine d’identifier l’objet. Dans ce cas, l’objectif principal de la restauration, contrairement aux autres parties de l’ensemble, a été de récupérer, autant que possible, la forme originale de l’objet. Ceci a été réalisé grâce au chauffage ponctuel et progressif des parties de la pièce qui souhaitaient être déformées et à l’aide de pinces et autres outils de support. Ce processus a été très long et délicat. Une fois la forme de l’objet retrouvée, les procédures habituelles de restauration ont été appliquées (réintégration, nettoyage, inhibition et protection finale).
Le site archéologique de Roureda de la Margineda
Le site archéologique de La Roureda de la Margineda a été déclaré bien d’intérêt dans le classement de zone archéologique le 18 février 2009. De 2007 à 2015, une série de fouilles archéologiques ont été réalisées qui ont permis de connaître l’évolution de l’occupation humaine de le lieu et obtenir une connaissance assez précise de l’étendue du site. Des quatre grandes phases d’occupation (bronze ancien (2 200-1 300 av. J.-C.), Antiquité tardive (V-VII ap. J.-C.), haut Moyen Âge (IX-XI ap. J.-C.) et plein Moyen Âge (XII-milieu XIV ap. J.-C.), elles ont exhumé une quantité importante de matériaux de haute qualité qui renforcent l’importance de ce site en Andorre.
Bien que, comme d’habitude, les matériaux les plus nombreux soient la céramique, il convient de noter un groupe important de métaux en bronze et en fer, d’environ 180 pièces, qui appartiennent pour la plupart à la phase 4 d’occupation. Source: www.govern.ad


